Suggéré par Landes Attractivité
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Une rameuse qui traverse l’Atlantique après un cancer, un centre où l’on apprend à remarcher dans une bulle d’air : hier soir, au CERS Capbreton, deux histoires de résilience se sont répondues. Récit d’une nouvelle soirée Laüsa.

Hope Team East : quand le défi sportif devient un traitement pour l’âme

De l’Atlantique au Cap Horn : une aventure née de la maladie

Il y a des projets qui naissent d’une épreuve. Celui de Hope Team East commence en 2004, quand Stéphanie Barneix, sportive de haut niveau apprend qu’elle a un cancer du sein. Plutôt que de se replier, elle choisit d’avancer et lâche un peu comme un défi :

Je veux traverser un océan à la rame.

Elle embarque deux amies de l’équipe de France de sauvetage côtier. Les partenaires ne se bousculent pas pour financer une première expédition de ce genre, mais le trio s’accroche. En 2009, elles quittent Cape Breton au Canada, et rallient Capbreton en France après 4 830 kilomètres et 54 jours en mer. Stéphanie remet ça ensuite avec une expédition du Cap Horn à l’Antarctique. Alexandra Le Mouel pilote le projet et file même au Chili négocier l’autorisation indispensable pour franchir le Cap Horn.

Si je n’avais pas été malade, jamais je ne me serais lancée dans ce genre de défi — confiait Stéphanie. — C’est ce qui m’anime, c’est peut-être ce qui fait que je suis encore en vie aujourd’hui.

Accompagner les malades comme des sportifs de haut niveau

Pendant ce temps, la mère d’Alexandra lutte contre la maladie. Alexandra l’encourage à bouger, mais entre la fatigue et les traitements l’idée ne va pas de soi. Les deux femmes comprennent alors qu’il y a quelque chose à construire : accompagner les personnes malades grâce au sport et au défi, avec trois piliers, l’activité physique, la préparation mentale (comme les sportifs de haut niveau) et la nutrition.

Pendant un an, elles rencontrent cancérologues et oncologues pour comprendre le parcours de soins et y glisser leur projet. En 2017 la première promotion voit le jour : 20 femmes en cours de traitement d’un cancer du sein.
Le principe ? Les accompagner comme des sportives de haut niveau et leur proposer de se challenger. Le pari fonctionne. Des hommes frappent à la porte : « Pourquoi pas nous ? » Dès la deuxième année, le programme s’ouvre à tous et à d’autres types de cancers puis aux maladies chroniques.

Dix ans après, l’association élargit le champ des possibles

Dix ans plus tard, Hope Team East continue d’élargir le champ des possibles. L’association équipe des services de pédiatrie en matériel sportif pour que les enfants hospitalisés puissent se mettre en mouvement. Elle dépose aussi une mallette pédagogique dans les écoles, collèges et lycées pour lancer des défis collectifs citoyens. Au début, on les prend pour des illuminées. Puis, quand les profs d’EPS rejoignent l’aventure, elles savent que c’est gagné.

Et elles ont une nouvelle idée en tête : proposer leur méthode aux entreprises, pour lutter contre la sédentarité, le stress et les burn-out.

CERS Capbreton : ici, on soigne le corps et la tête

Un centre unique en France, face à l’océan

Après cette plongée dans l’aventure humaine, direction les couloirs du CERS Capbreton, avec Vincent Delcros le directeur comme guide. Ce centre a ouvert en 1991 et reste unique en France : c’est le seul établissement entièrement dédié à la rééducation des sportifs. Il accueille aussi depuis 2015, des pompiers, des policiers…

Les patients, dont la moyenne d’âge tourne autour de 25 ans, travaillent à leur rythme, et ce rythme les fait progresser plus vite. Ils restent en moyenne 22 jours et enchaînent 7 à 8 heures d’activité par jour, entre séances intenses et temps de récupération.

Sur le grand plateau face à l’océan, 50 à 55 patients s’activent en même temps entourés de kinés et de préparateurs physiques. Rugbymen, footballeurs, de plus en plus de sportives aussi : le genou domine les blessures, mais on y croise également des épaules et même des blessés par balle.

L’Alter G, un tapis roulant venu de la NASA

La technologie y tient une place de choix. Le CERS Capbreton a été le premier centre français à s’équiper d’un Alter G, un tapis roulant en apesanteur développé par la NASA. Le patient enfile un shorty, entre dans une bulle qui se gonfle d’air et calibre son poids, qu’on peut alléger jusqu’à 80 %. Il marche alors sans douleur et retrouve progressivement ses appuis. Un geste simple, mais qui redonne confiance.

Une équipe qui prend soin de la tête autant que du corps

Et puis il y a tout ce qui ne se voit pas. Chaque blessure physique laisse aussi une trace dans la tête. Alors, deux psychologues et un préparateur mental accompagnent les patients. Le psychologue est d’ailleurs la seule personne qu’un patient peut consulter sans passer par le médecin. Autour d’eux, 115 professionnels se relaient : médecins du sport, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, diététicienne, infirmières.

Entre l’énergie contagieuse de Hope Team East et la bienveillance exigeante du CERS Capbreton, chacun repartait avec la même idée : dans les Landes, on sait transformer une épreuve en élan.

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Landes Attractivité