Avec ses vagues mythiques, les Landes attirent depuis des décennies les passionnés de glisse. Mais au-delà du surf, c’est toute la filière glisse dans les Landes qui s’est développée au fil du temps : marques internationales, shapers locaux, écoles de surf et hébergements dédiés forment aujourd’hui un écosystème unique en France.
Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 322 entreprises de la glisse recensées en Nouvelle-Aquitaine, 115 ont choisi les Landes – un record qui fait du département le cœur battant de la filière en France. Hossegor, capitale incontestée, abrite même les sièges de la Fédération française de surf, d’Eurosima (l’association européenne des industriels de la glisse) et de la WSL Europe. Une concentration unique qui prouve une chose : ici, l’océan ne façonne pas seulement les paysages… il impulse aussi l’économie.
Les chiffres clés de la filière glisse
Quand la glisse fait vibrer l’économie landaise
Un territoire d’excellence du surf
Des pionniers landais à l’industrie mondiale du surf
Le premier club de surf français voit le jour en 1959 au Pays basque. Pourtant, l’histoire du surf en France commence un peu plus tôt, avec un Landais. En 1952, le Dacquois Jacky Rott se jette à l’eau sur une planche qu’il a fabriquée de ses propres mains. Sans le savoir, il devient le premier shaper local. Quelques années plus tard, en 1961, il entre dans l’histoire en décrochant le premier titre de champion d’Europe de surf, ouvrant la voie à de nombreux sportifs de haut niveau.
Cette dynamique se poursuit encore aujourd’hui. Originaire d’Ondres, Yoan Duru s’impose sur la scène internationale : champion du monde ISA en 2021, vice-champion du monde par équipes en 2023 et 2024, il termine également 5ᵉ aux Jeux olympiques de Paris 2024. Et si le champion olympique Kauli Vaast est Tahitien, il partage lui aussi un lien fort avec le territoire, puisqu’il est adhérent du Vieux-Boucau Surf Club.
Le surf, une culture et une filière économique structurante dans les Landes
Dans les Landes, les sports de glisse ne sont pas une mode, mais une culture profondément ancrée. Le surf fait partie de l’ADN du territoire. Chaque année, il attire des milliers de visiteurs, faisant des Landes une destination surf incontournable et un moteur économique pour de nombreux acteurs locaux, des écoles de surf aux hébergeurs.
Avec le temps, cette passion devient une véritable filière économique. De grandes marques de glisse s’implantent sur le territoire. Rip Curl installe son siège européen à Hossegor, tout comme Globe et Vissla. À Pédebert, la ville concentre magasins d’usine de surfwear et shapers, tandis que ses vagues de renommée mondiale accueillent régulièrement des compétitions internationales, comme le Quiksilver Festival ou le Rip Curl GromSearch.
Hossegor s’affirme aussi comme un centre décisionnel majeur. La Fédération française de surf, Eurosima et la World Surf League Europe y ont établi leur siège, confirmant le rôle central des Landes dans le présent et l’avenir du surf.




Qui sont les acteurs majeurs de la filière glisse dans les Landes ?
Les plages Nord et de la Gravière ont forgé la renommée mondiale d’Hossegor dans l’univers de la glisse. Portées par cette notoriété, les entreprises du secteur s’y implantent durablement. À Soorts, le parc d’activités de Pédebert s’impose comme un pôle majeur, réunissant magasins d’usine et acteurs emblématiques de l’industrie du surf. Il accueille notamment le siège européen de la marque australienne Rip Curl, qui emploie près d’une centaine de salariés, ainsi que l’entreprise Bell.
Fondée en 1990 par l’Australien Stephen Bell, Bell figure aujourd’hui parmi les principaux fabricants européens de planches de surf, soft-boards, stand-up paddles et accessoires. À ses côtés, des entreprises locales se distinguent, comme Chipiron. D’abord shaper, Damien Marly, rejoint par sa compagne Julie Pollet, développe une marque de surf tournée vers la famille, mêlant planches, surfwear, accessoires, ainsi qu’un magasin et une école de surf.
Hossegor accueille aussi les grandes instances de la discipline. La ville abrite le siège de la Fédération française de surf et celui de la World Surf League Europe. Créée en 1999 par cinq marques fondatrices — Rip Curl, Billabong, Quiksilver, Gotcha et Hoff — Eurosima fédère aujourd’hui plus de 215 entreprises en Europe. L’association soutient le développement de la filière glisse dans les Landes, la formation, l’innovation et la relocalisation de la production textile en France.
Surf durable : comment les Landes innovent pour protéger l’océan ?
Innover et recycler pour réduire l’impact environnemental
Réduire les déchets, repenser les matériaux, développer le recyclage : le lien fort entre les surfeurs et l’océan pousse les marques à innover pour limiter leur impact environnemental.
Dans cette dynamique, Rip Curl développe le boardshort Mirage 3DP, récompensé à l’ISPO — Salon international des articles de sport et de la mode sportive — et dont la sortie est prévue en 2026. Ce produit associe matériaux biosourcés et impression 3D. À plus long terme, la marque vise une fabrication 100 % sur mesure, entièrement imprimée en 3D, afin de réduire les déchets, les stocks et la production offshore, tout en rapprochant la fabrication du consommateur.
La marque agit également sur le recyclage des équipements. Elle lance un programme de valorisation du néoprène qui transforme les combinaisons usagées en Renoprene, utilisé pour fabriquer des tapis de protection et des sols d’aires de jeux. Depuis 2020, plus de 12 000 combinaisons ont ainsi été recyclées en France.
Avant même le recyclage, les acteurs locaux privilégient la réparation. À Soustons, Tearing Waves devient la première entreprise française labellisée sur le néoprène dans le cadre du bonus réparation. Grâce à son savoir-faire, elle prolonge en moyenne de deux saisons la durée de vie des combinaisons.
Des initiatives locales pour une glisse plus responsable
Les shapers s’engagent eux aussi dans cette transition. À Aureilhan, Silk Surf fabrique des planches éco-conçues en remplaçant résine et fibre de verre par du paulownia et du liège, offrant une alternative à la fois écologique et performante.
D’autres initiatives locales complètent cette dynamique. À Saint-Julien-en-Born, Simwax fabrique artisanalement des wax de surf — et du fart de ski — à partir de ressources durables du territoire : pins des Landes, cire d’abeilles et sable local.



Se former aux métiers de la glisse dans les Landes : écoles et diplômes
Eurosima place l’emploi et la formation au cœur de ses priorités à l’horizon 2026. Pour répondre aux besoins de la filière, l’association s’associe à France Travail et organise chaque année à Hossegor le Forum des métiers des sports de glisse. Ce rendez-vous met en lumière les opportunités du secteur et favorise les rencontres entre entreprises et futurs talents.
Dans les Landes, plusieurs structures accompagnent celles et ceux qui souhaitent se former à ces métiers. À Vieux-Boucau, l’École des métiers du surf propose trois formations supérieures reconnues : un BTS Management commercial opérationnel, un BTS Négociation et digitalisation de la relation client et un BTS Tourisme, tous spécialisés dans les sports de glisse. Les parcours se veulent flexibles, en présentiel, à distance, à temps plein ou partiel.
Toujours à Vieux-Boucau, HackScooling offre une solution adaptée aux sportifs de haut niveau, notamment aux surfeurs, en leur permettant de poursuivre leurs études tout en continuant leur pratique.
À Soustons, l’ACASAL — Académie du surf et des activités du littoral — complète l’offre de formation. Antenne du CREPS de Bordeaux, elle forme notamment les futurs moniteurs de surf à travers le BPJEPS Surf.