La filière chimie des Landes connaît un essor remarquable, à contre-courant des tendances nationales. Entre 2013 et 2022, l’emploi progresse de 16,7 %, soit près de trois fois plus que la moyenne française. Le département s’impose ainsi comme un acteur majeur du secteur.
Des groupes internationaux comme DRT-Firmenich, Action Pin, ou Biolandes, aux start-ups innovantes, 70 entreprises structurent aujourd’hui un écosystème dynamique. Ensemble, elles génèrent 1,113 milliard d’euros de chiffre d’affaires et emploient 1 615 salariés. Chimie du bois, agrochimie, cosmétique : les spécialités développées dans les Landes rayonnent bien au-delà du territoire.
Cette dynamique repose sur un atout clé : la valorisation du pin des Landes. En misant sur la chimie du végétal, le département s’affirme comme un territoire de référence de la chimie biosourcée, capable de conjuguer héritage industriel et développement de solutions alternatives aux produits pétrosourcés, au cœur de la transition écologique.
Les chiffres clés de la filière
Le poids de la filière dans les Landes
Son dynamisme et son rayonnement
Filière chimie : une dynamique forte dans les Landes
La filière chimie des Landes affiche une forte dynamique. Entre 2013 et 2022, l’emploi salarié progresse de 16,7 %, soit deux fois plus que la moyenne régionale (8,3 %) et près de trois fois plus que la moyenne nationale (6,2 %). Avec 1 615 salariés, les Landes se classent au troisième rang régional, derrière la Gironde et les Pyrénées-Atlantiques.
Le département figure parmi les leaders français de la chimie du végétal, en particulier de la chimie du bois. Le pin des Landes ne sert pas uniquement au papier ou au bois d’œuvre. Des entreprises de premier plan valorisent aussi ses dérivés, à commencer par DRT. Fondée en 1932 à Vielle-Saint-Girons, l’entreprise est aujourd’hui leader mondial des ingrédients de haute qualité issus du pin.
Deuxième acteur régional de la chimie derrière Arkema, cette société familiale est rachetée en 2020 par DSM-Firmenich. Elle emploie près de 800 salariés dans les Landes, répartis sur trois sites à Vielle-Saint-Girons, Castets et Lesperon.
Le territoire s’appuie aussi sur un outil de recherche de premier plan avec Xylomat. Reconnu pour ses travaux sur la chimie du bois et de ses dérivés, le laboratoire fait partie des rares structures à avoir étudié des échantillons des XIIᵉ, XIIIᵉ et XIXᵉ siècles dans le cadre du projet de recherche sur le bois brûlé de Notre-Dame de Paris.
Les acteurs clés de l’industrie chimique landaise
Deuxième acteur régional de la chimie derrière Arkema, DRT-Firmenich est le poids lourd de l’industrie chimique des Landes. Si son cœur d’activité se situe dans le département, l’entreprise emploie 1 200 collaborateurs dans le monde et réalise 547 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Parmi les autres acteurs majeurs, Chemviron, BioNova et Biolandes se distinguent dans la chimie verte. Fertinagro France et Timac Agro dominent, quant à eux, le segment de l’agrochimie. À Rion-des-Landes, MLPC, filiale du groupe Arkema, figure parmi les leaders des agents de vulcanisation, utilisés par l’industrie du caoutchouc.
Le territoire accueille également des start-up innovantes dans la chimie du bois. À Mont-de-Marsan, la deeptech à impact Biokoume valorise les coproduits de l’industrie forestière africaine et fournit des essences et actifs innovants aux secteurs de la santé, de la beauté et du bien-être. À Saint-Julien-en-Born, SimWax développe une nouvelle génération de wax 100 % écologique et biodégradable, à base de cire d’abeille et de résine de pin des Landes.



Huit des principales entreprises landaises adhèrent au syndicat professionnel France Chimie Nouvelle-Aquitaine. Elles y bénéficient d’un accompagnement sur le volet réglementaire. Le syndicat les représente aussi auprès des pouvoirs publics et renforce l’attractivité des métiers du secteur. De son côté, Cosmétopôle Nouvelle-Aquitaine fédère les entreprises majeures de la filière cosmétique et soutient le développement de l’écosystème régional.
Innovation de la chimie dans les Landes
À Mont-de-Marsan, Xylomat est un laboratoire d’excellence spécialisé dans la chimie du bois et de ses dérivés. Rattachée à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, la plateforme accompagne entreprises et start-up en menant des essais de R&D dans les matériaux biosourcés. Elle développe notamment des composites à base de bois, formule des colles et résines biosourcées et valorise les fibres naturelles.

À Haut-Mauco, le technopôle Agrolandes fait partie des lauréats 2025 de l’appel à projets régional Valcobio (Valoriser vos coproduits issus de la biomasse sur de nouveaux marchés). Il développe une colle à base d’amidon de maïs issue des usines locales de surgélation et de conserverie. Les premières applications sont déjà identifiées : collage d’étiquettes dans l’agroalimentaire et fabrication d’assises pour l’industrie de la chaise à Hagetmau.
Les entreprises du territoire investissent également dans la bioéconomie, l’économie circulaire et la réduction de l’empreinte carbone. Engagées de longue date dans la chimie verte, elles conçoivent des solutions d’origine végétale qui offrent des alternatives durables aux produits issus de la pétrochimie.
Se former à la chimie dans les Landes
Les Landes proposent plusieurs parcours pour accéder aux métiers de la chimie, du niveau opérateur au niveau technicien.
🎓 Devenir opérateur ou opératrice :
- Bac technologique Sciences et technologies de laboratoire, au Lycée Borda de Dax
- Bac professionnel Pilote de ligne de production, au CFAI Aquitaine de Tarnos ou au CFAIB de Morcenx (formations possibles en alternance)
🎓 Devenir technicien ou technicienne :
- BTS Métiers de l’eau, au Lycée de Borda de Dax
- BTS Pilotage de procédés, au Lycée Gaston Crampe d’Aire-sur-l’Adour (alternance possible)
- BUT Génie biologique, à l’IUT des Pays de l’Adour à Mont-de-Marsan (alternance possible)
- BUT Science et génie des matériaux, à l’IUT des Pays de l’Adour à Mont-de-Marsan (alternance possible)