La filière agroalimentaire des Landes s’est construite à partir des ateliers de transformation développés à la ferme par les agriculteurs landais. Dès les années 1960, ils ont mutualisé leurs moyens pour créer des outils de production collectifs. Cette organisation a fait émerger une industrie agroalimentaire puissante, devenue le premier secteur économique des Landes, avec près de 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Aujourd’hui, près de 150 entreprises et 4 000 salariés travaillent dans l’agroalimentaire des Landes, principalement dans les filières du poisson, de la viande et des légumes. Aux côtés de grands groupes comme Labeyrie, Delpeyrat, Fermiers Landais, Bonduelle, Aqualande ou Géant Vert, de nombreuses PME structurent le territoire et renforcent son rayonnement gastronomique.
Les entreprises valorisent les produits landais sous signes officiels de qualité et d’origine. Leurs préparations s’exportent dans le monde entier, notamment le foie gras des Landes. Si la tradition reste forte, la filière évolue. Avec l’appui du technopôle Agrolandes, les entreprises modernisent leurs outils de production et adoptent des pratiques plus durables pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux.
La filière agroalimentaire des Landes en chiffres
Un poids économique majeur
Des productions leaders
L’agroalimentaire des Landes à l’international
La filière agroalimentaire des Landes se distingue par sa forte capacité d’exportation. Lorsque vous consommez du foie gras français, il y a une chance sur quatre qu’il provienne des Landes. Le département en est le premier producteur national avec 25 % de la production, soit près de 15 800 tonnes en 2024.
De nombreuses entreprises se spécialisent dans la transformation du canard. Les deux leaders du marché, Labeyrie à Saint-Geours-de-Maremne et Delpeyrat à Saint-Pierre-du-Mont, sont implantés dans le département. Ces produits labellisés bénéficient d’une reconnaissance internationale. Le foie gras des Landes s’exporte dans plus de 45 pays, dont l’Espagne, la Suisse, la Chine, le Portugal, le Chili et le Brésil.
Le territoire se distingue aussi dans le poisson d’élevage. À Roquefort, Aqualande est le leader européen de la truite et de la truite fumée. Avec 48 fermes aquacoles en France et en Espagne, le groupe commercialise deux tiers des truites fumées consommées en France.



D’autres entreprises renforcent cette dynamique. Bonduelle conditionne petits pois, maïs doux et haricots verts à Bordères-et-Lamensans et Labenne. Géant Vert concentre à Labatut toute sa production européenne de maïs doux.
Pour soutenir cette industrie stratégique, le département a créé Agrolandes. Lancé en 2012 et structuré autour de l’Agrocampus ouvert en 2019 à Haut-Mauco, ce technopôle réunit acteurs publics et privés. Il développe des technologies, des usages et des modèles économiques innovants pour les filières agricoles et agro-industrielles.
Les entreprises qui font l’agroalimentaire landais
Dans les Landes, l’industrie agroalimentaire s’est développée grâce aux coopératives agricoles. Dès les années 1960, elles ont créé des outils de transformation collectifs pour valoriser les productions de leurs adhérents.
Le groupe Maïsadour joue un rôle central dans plusieurs filières. Il détient notamment les Fermiers du Sud-Ouest, premier groupe volailler régional, avec cinq unités de transformation dont deux dans les Landes à Saint-Sever et Pontonx. Il possède aussi Delpeyrat, spécialisé dans le foie gras, le saumon et la truite fumée, dont le principal atelier se situe à Saint-Pierre-du-Mont, ainsi que Delmas, dont l’usine de découpe de poisson emploie 120 personnes à Castets.
Le département compte d’autres groupes majeurs :
- Labeyrie Fine Foods, filiale de la coopérative basque Lur Berri, est numéro un des produits festifs. Installé à Saint-Geours-de-Maremne, le groupe y emploie environ 1 300 personnes et dispose de 12 sites de production en France, au Royaume-Uni et en Belgique.
- Aqualande, implanté à Roquefort et Sarbazan, est le premier producteur européen de truites et de truites fumées.
- Bonduelle exploite deux sites de conditionnement de légumes à Labenne et Bordères-et-Lamensans.
- À Labatut, Géant Vert produit chaque année 350 millions de boîtes de maïs doux, exportées dans 25 pays, grâce à 174 salariés permanents et 400 saisonniers.



L’agroalimentaire landais s’appuie aussi sur un réseau dense de PME. Dans le foie gras, Maison Lafitte à Montaut, Lartigue & Fils à Pontonx, Le Grenier des Gastronomes à Hagetmau et D’Artigues à Pomarez bénéficient d’une forte notoriété. Antartic Foods, installé à Ychoux, et Aquitaine Légumes Surgelés, à Saint-Sever, approvisionnent les professionnels en légumes surgelés. Scaap Kiwifruits de France à Labatut et Sikig à Saint-Étienne-d’Orthe conditionnent la majorité des kiwis produits dans les Landes.
Transition et innovation dans l’agroalimentaire landais
Les entreprises landaises de l’agroalimentaire innovent pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux.
Certaines, comme Scaap Kiwifruits de France ou Le Grenier des Gastronomes, ont mis en place des démarches RSE. D’autres modernisent leurs outils de production. Aqualande a installé des systèmes de bioremédiation dans huit piscicultures. L’entreprise dépollue l’eau en cultivant des algues à partir des nutriments rejetés par les poissons. Ces algues sont ensuite valorisées en alimentation humaine ou en cosmétique. Autre exemple, en 2024, Géant Vert a lancé des emballages en carton pour remplacer le plastique. Ce projet permettra de supprimer 35 tonnes de films plastiques en Europe.
Au-delà des initiatives individuelles, une dynamique collective s’est structurée autour du technopôle Agrolandes. Cet écosystème accompagne les projets communs des entreprises. Une quarantaine d’acteurs de la filière agroalimentaire landaise se sont regroupés au sein du GIE Agrolandes Entreprises. Plusieurs projets portent sur la valorisation des coproduits issus des filières piscicole, palmipède et maïs. Une étude menée avec l’IUT de Mont-de-Marsan vise à extraire la kératine des plumes de canard pour la cosmétique. Une colle à base d’amidon de maïs est également en développement.
Autre axe majeur : la gestion intégrée de l’eau. Les entreprises cherchent à réduire les consommations et à favoriser la réutilisation, dans les process industriels ou pour l’irrigation, la lutte contre les incendies et le nettoyage des voiries. Ces travaux ont permis à Agrolandes d’être retenu en 2025 dans l’appel à projets d’Écologie industrielle et territoriale en Nouvelle-Aquitaine et d’obtenir des financements régionaux.
Les formations en agroalimentaire
Les métiers de l’agroalimentaire couvrent de nombreux domaines : production, qualité, maintenance, logistique, commerce, management, R&D ou agronomie.
Dans les Landes, plusieurs établissements accompagnent les futurs professionnels du secteur. Le lycée Saint-Jacques-de-Compostelle à Dax et l’IUT de Mont-de-Marsan préparent aux métiers techniques et scientifiques liés à l’alimentaire.
Des centres de formation comme l’ASFO Adour, présent à Mont-de-Marsan et Saint-Paul-lès-Dax, ou le Greta CFA Aquitaine, proposent également des parcours professionnalisants, en centre ou directement en entreprise.
Pour accompagner la transition écologique, la CCI des Landes et l’AREA Nouvelle-Aquitaine ont créé un parcours dédié à l’éco-conception en agroalimentaire. Ce dispositif aide les entreprises à réduire leur impact environnemental et à mobiliser les financements de l’ADEME et de la BPI.